
80 collaborateurs, deux sites de production, un ERP critique et une facture VMware qui explose. Retour sur un projet de migration mené en interne, de l'audit à la mise en production.
Comme beaucoup de PME industrielles, cette entreprise spécialisée dans la fabrication de composants mécaniques n'avait jamais vraiment remis en question son infrastructure de virtualisation. VMware était là depuis dix ans, ça tournait, personne ne touchait à rien.
Jusqu'au renouvellement de licences de l'automne 2023.
La hausse transmise par le revendeur dépasse les 35 %. Pour une structure de 80 personnes avec une DSI interne de deux personnes, l'addition devient difficile à défendre en comité de direction d'autant que les fonctionnalités utilisées n'avaient pas évolué depuis des années.
Le responsable informatique engage alors une réflexion qu'il n'avait pas eu le temps ni la nécessité d'initier jusque-là : existe-t-il une alternative sérieuse, exploitable sans une équipe de dix ingénieurs, et qui ne crée pas une nouvelle dépendance aussi contraignante que celle qu'on cherche à quitter ?
Une PME de 80 collaborateurs dans l'industrie, ça ne veut pas dire infrastructure légère. Dans ce cas précis, l'environnement virtualisé portait :
Autrement dit : une interruption non planifiée, même courte, a un impact direct sur la production. Ce contexte a conditionné l'ensemble des choix techniques et du séquençage du projet.
"Sur ce type de projet, la contrainte principale n'est pas technique, c'est la tolérance zéro à l'interruption. Une PME industrielle n'a pas de fenêtre de maintenance de quatre heures un dimanche matin. On travaille avec ce que la réalité opérationnelle permet, pas avec ce qu'on aimerait avoir."
- Ingénieur infrastructure, Suderiane
Avant de toucher quoi que ce soit, nos équipes ont conduit un audit complet de l'environnement VMware en place. Pas uniquement technique : organisationnel et applicatif également.
Ce travail a révélé plusieurs points structurants :
Sur l'infrastructure : L'environnement reposait sur deux hôtes ESXi en cluster, avec un stockage partagé NFS sur un NAS vieillissant. La configuration de haute disponibilité était active sur le papier, mais n'avait jamais été testée en conditions réelles depuis l'installation initiale.
Sur les applicatifs : L'ERP s'appuyait sur une version de base de données dont le fournisseur avait arrêté le support dix-huit mois plus tôt. La migration était l'occasion de régulariser cette situation en parallèle.
Sur les sauvegardes : Les sauvegardes VMware existantes n'étaient ni monitorées ni testées régulièrement. Un point critique au regard des recommandations de l'ANSSI sur la sauvegarde, et un risque réel en cas d'incident.
Cet audit a directement alimenté le plan de migration et permis d'éviter plusieurs mauvaises surprises en cours de projet.
Le benchmark conduit avec le responsable informatique a rapidement convergé vers Proxmox VE. Pas par idéologie open-source, mais pour des raisons très concrètes.
La courbe d'apprentissage acceptable : Une équipe IT de deux personnes ne peut pas se permettre une technologie qui nécessite six mois de montée en compétence. L'interface Proxmox, bien que différente de vSphere, reste accessible et bien documentée. La documentation officielle est complète, en anglais mais largement suffisante pour une exploitation courante.
Le modèle économique lisible : Une souscription support enterprise par socket CPU, sans surprise contractuelle. Le responsable informatique sait exactement ce qu'il paiera l'année suivante.
La capacité à faire tourner l'existant : Les VM VMware se convertissent vers le format KVM utilisé par Proxmox. Aucune réécriture applicative n'était nécessaire pour les workloads en place.
L'appui d'une expertise certifiée : gplexpert, entité technique du groupe ITP et partenaire officiel Proxmox, a été mobilisé sur les phases de conception d'architecture et de validation technique. La migration opérationnelle a été intégralement réalisée par nos équipes.
Pour une PME de cette taille, la complexité architecturale est un ennemi. L'objectif était de construire quelque chose que le responsable informatique puisse exploiter seul au quotidien, avec un support enterprise en filet de sécurité.
L'infrastructure Proxmox retenue repose sur trois nœuds en cluster, deux nœuds de production, un nœud de quorum léger avec un stockage local répliqué via ZFS. Ce choix élimine la dépendance au NAS existant, qui a pu être remplacé par un équipement plus récent dédié aux seules sauvegardes.
Proxmox Backup Server a été déployé sur un serveur dédié, physiquement séparé des hôtes de production. Les sauvegardes sont chiffrées, dédupliquées, et leur intégrité est vérifiée automatiquement. Un test de restauration complet est planifié chaque trimestre; une pratique absente de l'environnement précédent, et pourtant fondamentale selon les règles d'or de l'ANSSI.
La segmentation réseau a été revue en profondeur, avec une séparation des flux de management, de stockage et de production conformément aux bonnes pratiques de virtualisation recommandées par l'ANSSI.
Le projet s'est organisé sur quatre mois, avec un séquençage dicté par la criticité des workloads et les contraintes de production.
Mois 1 - Préparation et construction de la cible : Déploiement et configuration du cluster Proxmox en parallèle de l'environnement VMware existant. Les deux infrastructures coexistent, aucune VM de production n'est encore touchée. Cette phase inclut les tests de bascule, de haute disponibilité et de restauration depuis PBS.
Mois 2 - Migration des environnements périphériques : Outils collaboratifs, serveurs de fichiers secondaires, environnements de test. Ces workloads peu critiques permettent à l'équipe de se familiariser avec les procédures de migration en conditions réelles, sans risque pour la production.
Mois 3 - Migration du cœur de l'infrastructure : Serveur de fichiers principal, outils de CFAO, messagerie. Chaque migration est réalisée en fenêtre de maintenance planifiée, avec un plan de retour arrière documenté et testé.
Mois 4 - Migration de l'ERP et bascule finale : La migration de l'ERP, workload le plus critique, est réalisée en dernier quand les équipes maîtrisent parfaitement les procédures et que la plateforme Proxmox a fait ses preuves en production réelle. La bascule a été réalisée un vendredi soir, avec une remise en service confirmée avant la reprise du lundi matin.
"Ce qui rassure les dirigeants de PME, ce n'est pas le discours technique, c'est le plan de retour arrière. Quand on peut leur montrer qu'à chaque étape on sait exactement comment revenir en arrière en moins d'une heure, la conversation change complètement."
Chef de projet, Suderiane
L'entreprise exploite aujourd'hui son infrastructure Proxmox depuis six mois. Le responsable informatique dresse un bilan qu'il qualifie lui-même de "meilleur que prévu sur presque tous les points".
Les éléments marquants :
Une migration VMware vers Proxmox n'est pas réservée aux grandes structures avec des équipes IT dimensionnées. Ce projet le démontre : avec une préparation rigoureuse, un séquençage adapté aux contraintes opérationnelles réelles et un accompagnement expert sur les phases critiques, une PME de 80 collaborateurs peut conduire cette transformation sans rupture de service.
Les facteurs clés de succès identifiés :
Nos équipes accompagnent les PME et ETI dans leurs projets de transformation d'infrastructure, de l'audit initial à l'exploitation en production. La migration est réalisée par nos ingénieurs, avec l'appui technique de gplexpert, entité spécialisée du groupe, partenaire officiel Proxmox et certifiée HDS et ISO 27001 sur les architectures à contraintes spécifiques.
Chaque projet démarre par un audit de votre environnement existant. C'est le meilleur moyen de construire un plan de migration réaliste et de ne pas avoir de mauvaises surprises en cours de route.
Une PME peut-elle gérer Proxmox en autonomie après la migration ? Oui, c'est précisément l'un des atouts de la plateforme. L'interface est accessible, la documentation solide, et la souscription support enterprise couvre les situations sortant de l'ordinaire. Certains de nos clients PME gèrent leur environnement Proxmox avec une équipe IT d'une à deux personnes que nous pouvons former avec notre certification Qualiopi.
La migration impacte-t-elle la production pendant le projet ? Avec un séquençage adapté et une phase de coexistence VMware/Proxmox, l'impact sur la production est nul ou marginal. Chaque bascule est planifiée et réversible.
Quel matériel faut-il pour déployer Proxmox en PME ? Proxmox est peu gourmand en ressources système comparé à VMware. Dans la plupart des cas, le matériel existant est réutilisable, ce qui réduit significativement le coût total du projet.
Combien de temps dure une migration pour une PME de 50 à 100 collaborateurs ? Entre trois et six mois selon la complexité de l'environnement et les contraintes de disponibilité. Un audit préalable permet de cadrer précisément ce délai avant de s'engager.
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